07 Mai

Dans la crise du SME d'août 1993: les spéculateurs... se sont avérés les meilleurs alliés des chômeurs européens!

La position des sept économistes citée (dont les trois prix Nobel MODIGLIANI, SAMUELSON, SOLOW), a le mérite de rappeler que la spéculation n’est pas forcément déstabilisatrice au global. Cependant, considérer les spéculateurs comme « les meilleurs alliés des chômeurs européens » constitue un jugement excessif. Les spéculateurs voient d’abord leur intérêt, ils peuvent contribuer à débloquer des situations, mais sont peu crédibles pour engager le long terme tous éléments étudiés. S’agissant de la politique monétaire française (et des autres pays dans une situation comparable), AGLIETTA conseillait de rechercher une baisse des taux d’intérêt à long terme et d’éviter deux écueils :

  1. « Faire comme si le système n’avait pas changé et essayer de suivre le mark dans les mêmes conditions sans se donner des marges de manœuvres supplémentaires. On entretiendrait la récession sans éviter le risque de nouvelles crises » ; (aspect : « le système économique »). Il faut faire preuve d’imagination tout en assumant les contraintes de portée historique.

  2. « Se lancer dans des dévaluations compétitives ». (aspect : « éviter la guerre ») Il faut aussi tenir compte des leçons du passé. Les dévaluations compétitives des années 1918-1939 ont mené à la guerre. Les spéculateurs, qui jouent directement des titres contre des monnaies, au nom de la liquidité, sont des agents d’anticipations et d’interprétations des informations économiques ayant un impact sur court, moyen, long terme, mais par définition ne placent pas au-dessus de tout la stabilité monétaire des grandes monnaies, à laquelle ils peuvent contribuer seulement de façon ambiguë, et qui engage la paix, une condition de la prospérité économique.