14 Jui

Les effets de seuil juridiques appellent à un Nouveau Royaume-Uni dans une Nouvelle Union Européenne : conservons les nuages insulaires et poétiques mais refusons le Brexit !

Paradoxalement, c’est une question de cohésion territoriale avec tous les effets induits sur le fonctionnement que l’on espère positif de l’économie (la solidarité territoriale paraît de plus en plus essentielle à la manifestation de la confiance entre acteurs à l’ère numérique, les liens numériques appelant en effet à des créations en contrepartie de liens réels, territoriaux) : qui nous fait redouter le Brexit comme on pourrait redouter un des Cavaliers de l’Apocalypse.

En effet, l’enjeu de la finance et de la monnaie dans ce rendez-vous est très important est regarde l’importance mondiale toujours bien présente de la City londonienne dans de telles affaires… Or, Londres est cette Ville-monde (au sens de Fernand BRAUDEL, qui s’est construite par la convergence de tous les canaux qui aboutissaient dans cette immense agglomération). Je pousserais mon « bouchon » personnel jusqu’à affirmer qu’au XXI S il faudrait élargir cette approche, « l’endogénéiser » dans l’UE, plutôt que de replier dans un territoire insulaire à l’histoire glorieuse mais qui n’a rien à craindre de l’Europe, au contraire tout à lui apporter et presque tout à en recevoir. Dans ma vision personnelle, la Manche et le Sud de la Mer du Nord sont aussi des canaux… Ainsi, la question de la « banane » structurant le moteur économique européen – qui on le sait part en effet de Londres pour aller jusque Milan en passant par le Benelux, la Rhénanie et la Suisse – se pose aussi de façon nouvelle comment y rattacher Paris en conservant sa spécificité néanmoins à Paris , mai faire renaître Londres qui redeviendrait la Ville-monde par excellence parce que aujourd’hui on sait que la bonne finance n’est pas notre ennemie. Au-delà la Manche et la Mer du Nord, via la Meuse, la Moselle, Nancy par exemple où je suis né fait partie de la banlieue londonienne chère à Charles DICKENS.

De plus, au-delà de ces généalogies des droits de propriété concrets des familles européennes – se loger, s’habiller, travailler, vivre… - l’enjeu est mondial, plus que jamais Paris et sa culture, Londres et son mode de vie cool, Francfort et la BCE, Amsterdam, Zürich et son centre ferroviaire (ainsi que Milan) : sont solidaires avec Reims et le sourire de l’ange, ou encore Lille et sa gare ancienne à côté de celle moderne datant de l’époque de l’Eurotunnel… Et même, aussi loin que porte ce rêve, on peut penser à une solidarité implicite, préconsciente, irrésistible, entre par exemple les axes Amsterdam-Montpellier ( villes de tailles comparables , très dynamiques ) et Barcelone-Paris (patrie de CERDA l’inventeur du mot « urbanisme », et les conurbations qui utilisent cet urbanisme pour rayonner au niveau mondial).

C’est que Georges MODELSKI décrit la nouvelle situation mondiale comme le moment unique dans l’histoire humaine où à la fois plus de 50% des peuples et plus de 50% des Etats fonctionneraient selon des règles considérées comme démocratiques – ce qui n’était jamais arrivé… Mais il faut rajouter aussi la condition d’une gestion des infrastructures au service du développement humain : plus de 50% des humains habitent désormais dans les villes connectées, où on peut à la fois cultiver un particularisme et même une forme d’esprit « village », tout en vivant les débats culturels, les progrès, les espérances…

Il y a un effet de seuil donc où les droits financiers, les droits territoriaux, les droits sociaux doivent converger dans une même direction : la stabilisation de la plateforme « Union – Européenne » au service de ce qu’il faut espérer être la stabilité mondiale réalistement atteignable… D’ailleurs, cette analyse sur le rôle des infrastructures rejoint pour le cas d’espèce du rôle et de la place de ce membre important de l’Union Européenne qu’est le Royaume-Uni : les enseignements de la macroéconomie… Pendant longtemps, l’économie britannique s’est illustrée par un mécanisme de Stop & Go, où les variations autour de l’équilibre des finances publiques était plus amples que dans la plupart des autres pays, parce que le dynamisme exceptionnel de la place financière la City, permettait aussi des rebonds exceptionnels. Mais depuis quelques années, voire, une ou deux décennies, cette capacité de rebond s’est émoussée, car pour des raisons de confiance, il faut une certaine convergence pas seulement juridique, comptable, financière, mais aussi monétaire, fiscale, sociale…

Ma deuxième idée importante est que loin de l’idée d’un repli supposé salvateur autour des six nations fondatrices de la Communauté Economique Européenne France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, aujourd’hui pour garder stabilité de l’expérience mais aussi retrouver le dynamisme de la jeunesse, il faudrait neuf pays qui permettrait de conserver une capacité de rebondissement exceptionnel (inspirée du célèbre droit d’initiative de la Commission Economique Européenne) pour utiliser des angles qui ont tant compté en relation avec l’histoire de l’Europe depuis l’an 1000 (pour reprendre un repère de date qui fait sens par rapport aux statistiques de la croissance, notamment celles de MADDISON) : ajouter Pologne, Espagne, Royaume-Uni. Mais je suis parfaitement conscient que ma proposition tomberait à l’eau si le Royaume-Uni optait pour la solution du Brexit, puisque ce que je propose implique on peut le comprendre au contraire aller plus loin en fait l’enjeu était que le Royaume-Uni adopte l’euro à moyen terme.

« I know I am a dreamer… but I am not the only one ! » En fait c’est la solution pour que Royaume-Uni et France convergent dans leurs vues sur les évolutions au Moyen Orient, contrairement à ce qui s’était passé il y a exactement un siècle au moment où les frontières des pays du Moyen Orient se sont décidées d’abord par la France et le Royaume-Uni, puis, « derrière en protection », peu après , par les Etats-Unis d’Amérique et la Russie… Au-delà de cet angle extrêmement fermé des questions mais qui est une porte qui aujourd’hui nous regarde avec insistance, toutes les occasions de risques de crise apocalyptique pour l’économie mondiale correspondent à des « attracteurs étranges » liés soit aux frontières soit aux villes, et un sentiment de solidarité territoriale entre Union Européenne et Royaume-Uni, serait un atout inestimable pour les anticiper : la menace du cheval de Troie de l’immobilier qui s’effondrerait en Chine, en lien avec ses voisins coréen et japonais, les relations entre Mexique et Etats-Unis d’Amérique et la question linguistique espagnole en Amérique du Nord (enjeu numéro 1 pour le devenir de l’identité américaine selon Samuel HUNTINGTON), et la troisième génération de la Révolution du monde musulman : quel rêve des villes, de l’horizon social, et de la bonne finance, aurons-nous à proposer.

Bien sûr, je suis conscient que mes propositions sont très discutables. J’essaie de proposer une vision, et j’apprécie que déjà on puisse jouer sur les rêves en suggérant que, depuis l’eurotunnel, le Royaume-Uni déjà n’est plus une île ! Et si le Royaume-Uni pouvait redevenir une île en devenant le nouvel horizon de l’Union Européenne grâce à ses services de conseil sans pareil sur les plans juridiques notamment, mais qui peut-être auraient pu dépasser le jeu des relations financières un tantinet « particulaires » et créer une nouvelle molécule de l’espoir européen, de « la possibilité de l’Union Européenne du XXI S »….. !