09 Nov

Pour ou contre l'inflation scolaire?

 

 


 

Dans une première partie, nous verrons que le terme « inflation scolaire » est habilement trouvé. En effet, des preuves de son existence dans la réalité, sont apportées par DURU-BELLAT, ou peuvent être apportées par ailleurs. D’ailleurs, on peut en analyser les causes et les conséquences, et proposer des remèdes, ce qui prouve la force d’explication du terme. Dans une seconde partie toutefois, nous verrons qu’on peut être encore plus subtil, car le vocable d’ « inflation » a une portée explicative limitée, si on ne précise pas le caractère « anticipé » ou « non anticipé » de cette inflation. Car enfin, même si le terme est vrai, son caractère d’explication systématique est limité par le fait que le système scolaire a bien d’autres problèmes plus importants.

Marie DURU-BELLAT, dans un célèbre et récent ouvrage, critique « l’inflation scolaire », malheureuse conséquence d’une méritocratie qui a entraîné une inflation des diplômes dans laquelle tous, parents, enseignants, élèves, se sont laissé prendre. Il s’agit d’une véritable inflation, car chacun se positionne par rapport à cette course aux diplômes, sortes de « titres » déconnectés de la sphère de la société et de l’économie réelle, car ne permettant pas d’atteindre la situation dont la promesse était pourtant contenue dans le titre. 

 

Ce concept est assez riche, car il permet d’analyser un certain nombre d’effets pervers du système éducatif : le repli de ce système dans sa bulle alors qu’au contraire, pour l’auteure, il conviendrait, plutôt que de formations rigides, souvent sans liens avec les besoins de la société, et toujours très hiérarchisées en vertu de critères abstraits, de faire le choix de séparer la formation, ayant un contenu émancipateur de l’individu et de la personne, et la sélection, qui devrait être liée à un projet professionnel. Ainsi, cette analyse nous met aussi sur la voie de la possibilité de distinguer une « inflation non anticipée », qui pose les problèmes dits, et une « inflation anticipée », qui elle ne poserait pas forcément de problèmes insurmontables, car, sous ce vocable, il s’agirait de rien de moins que de faire du système scolaire, et donc de l’Education Nationale, le fer de lance de la société éducative et de la formation tout au long de la vie, avec sa cohorte de problèmes psychologiques nouveaux (liés aux nouveaux âges sociaux), de questions ayant trait aux qualifications, et au vivre ensemble inter générationnel, à résoudre demain...

 

Publié dans Economie Symbolique